Certains aiment le Rogneux par 916 et sa voie normale, via son « Intégrale », d’autres, dont nous faisons partie, le préfèrent par Mille et en comité plus restreint. Monument régional en matière de « peaux », ce « trois milles » que j’ai quotidiennement dans mon champ de vision attire autant qu’il repousse. Force est de constater que son itinéraire habituel, au départ de Lourtier, à la fois long, ombragé et très fréquenté, exerce avant tout sa force d’attraction sur les amateurs de gros dénivelé, alors qu’il aurait tendance à rebuter les adeptes de rando « plaisir », de soleil et d’itinéraires plus paisibles. Du coup, on s’était dit qu’en choisissant le lendemain de sa course de ski-alpinisme bisannuelle et son itinéraire le plus alpin, on avait de bonnes chances de profiter des charmes du Rogneux sans avoir à en supporter les inconvénients liés à sa sur-fréquentation.

Et ça aurait pu être le cas, si nous avions réussi à démarrer plus tôt du Châble et que notre rythme pour transiter du sommet de la Pasay vers le col de Mille avait été un poil plus convaincant. La faute à un horaire d’ouverture des remontées de Bruson pas très favorable à la rando et à une trace de traversée particulièrement verglacée, que certain(e)s ont eu un peu de mal à apprivoiser. Résultat des courses, nous somme arrivés au pied de l’ascension finale avec pratiquement deux heures de retard sur notre planning. Du coup nous avons opté pour une montée uniquement « peautée » jusqu’aux fatidiques 2’766 mètres de l’arête, point de déchaussement habituel, pour ensuite, plonger directement vers les Oujets de Mille, via le formidable plan incliné du Mortay. Excellente option, sa neige s’est révélée beaucoup plus skiable qu’espéré et notre descente encore plus « bluffante » que tout ce que nous avions imaginé.

Mortay ou l’histoire d’un plan B un peu mouvementé mais peut-être plus gratifiant que tous les plans A qu’on aurait pu échafauder.

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