La corvée de pain du matin, pour certains, c’est juste enfiler des pantoufles, mettre un peignoir et descendre un (ou plusieurs) étage(s).
Pour d’autres, distance de la boulangerie oblige, cette même corvée nécessite de se vêtir avant de sortir et éventuellement émettre un peu de CO2 pour gagner sa croûte.
Pour d’autres encore, manger son pain quotidien consiste à le faire soi-même et, ainsi, privilégier le levain à la levure, la farine artisanale à l’industrielle et ses mains à celles des autres.
Et pour d’autres, enfin, la corvée de pain n’est pas une corvée.

Ce pain, c’est 15 kilomètres d’air glacé et de soleil tout juste levé.
Ce pain, c’est 15 kilomètres de crissements de pneus ou de projections boueuses.
Ce pain, c’est 15 kilomètres de neige tassée à tracer en force ou de glace vive à rouler comme sur des œufs.
Ce pain, c’est 15 kilomètres de bonne heure et de bonheur.

Et ce pain-là, mes amis, il n’a pas de prix.
Il est comme la première gorgée de bière après une journée caniculaire, sa saveur est si particulière.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.