Après une « entrada » légèrement terreuse, histoire de mettre en confiance le biker alpin de base, peu habitué aux différents revêtements minéraux, les premières marches bien cassantes donnent rapidement un avant-goût du festin proposé par señor Guy pour notre quatrième « ride » canarien : un menu « cailloux » digne des plus grands « restaurantes » de l’ile de La Palma. Le « primero plato » s’ouvre immédiatement sur un délicieux enchevêtrement de pierres volcaniques plus ou moins stables, selon leur forme et leur degré de cohésion. Le « plato fuerte » qui suit, offre un vaste choix de « tapas » granitiques et variés, nappés d’un fin coulis d’aiguilles de pin canarien, histoire de bien en masquer les aspérités et irrégularités. L’accompagnement, pas vraiment au choix, se compose d’un torrent de magma basaltique solidifé mais non dénué de surprises suivi d’un écrasé de roches siliceuses plus ou moins organisées en « caminos » par les bons soins d’anciens canariens peu au fait des exigences du vttiste européen moyen. Evidemment, comme tout « menú » gastronomique digne de ce nom, l’incontournable « postre » final, un somptueux pavage de roches volcaniques noires comme l’ébène, accrochées, par la peur de tomber, aux vertigineuses falaises surplombant Puerto de Tazacorte.

Un menu à déguster avec délectation, mais surtout précaution, pour tenter de conserver toutes ses dents d’un bout à l’autre de l’itinéraire, histoire de ne pas avoir à se rabattre sur des « sopas de Canarias » pour se nourrir jusqu’à la fin du séjour.