Loin de moi l’idée de parodier ici le chef-d’oeuvre littéraire de Charles-Ferdinand Ramuz. Non, mon propos se veut beaucoup plus terre à terre, ou plutôt terre à mer. Et si l’anticyclone des Açores restait définitivement cantonné au-dessus de l’océan atlantique et limitait dorénavant son influence à l’archipel dont il porte le nom ? Et si notre faiseur de soleil ne poussait plus ses puissants hectopascals, détourneurs de perturbations, jusque sur notre continent ? Après six mois d’un mauvais temps tenace entrecoupé de quelques rares et courts intermèdes de temps sec, à défaut d’être véritablement ensoleillé, la question mérite d’être posée.

Un hiver qualifié de plus gris et froid depuis vingt-six ans et un printemps en passe de devenir le plus humide des trois dernières décennies, les saisons se succèdent, les indices s’accumulent et l’idée d’un dérèglement climatique fâcheux pour nos contrées, jusqu’ici qualifiées de tempéré, fait gentiment son chemin dans l’esprit ce certaines personnes. Les vaillants scientifiques qui prônaient un réchauffement climatique généralisé, admettent, à contre-cœur, avoir un peu perdu le fil de leurs thèses initiales. Nos chers présentateurs météo ressassent leurs mauvais bulletins quotidiens avec un optimisme de façade de plus en plus feint et forcé. Certains responsables touristiques, qui ne prennent même plus la peine de cacher leur mauvaise humeur, annoncent d’ores et déjà un millésime catastrophique et les adeptes « d’outdoor » se résignent à gérer leurs activités préférées, heure par heure, en essayant de se glisser entre les dernières averses d’hier et les premières gouttes d’aujourd’hui. Ce mauvais temps persistant est désormais au centre de toutes nos conversations et au coeur de nos si futiles préoccupations quotidiennes.

Et si notre faiseur de soleil ne revenait pas ?

Lisez, ou relisez, le lumineux et pertinent roman de Ramuz pour comprendre toute l’influence des mauvaises conditions météorologiques sur le vulnérable psychisme humain.

Addendum du 29.05.2013 : L’article du temps sur le même sujet