Le Mont-Noble fait partie de nos solutions de repli en cas de danger d’avalanche dépassant le niveau 3. Après une semaine de chutes de neige régulières et localement abondantes, nous avons finalement décidé de ressortir nos skis et d’y aller nous dégourdir les pattes. Un choix raisonnable et prudent aux vues de l’incroyable accumulation de neige fraîche en altitude, particulièrement dans les Alpes Bernoises et l’Ouest des Valaisannes.

Cet itinéraire est habituellement assez couru, en raison de sa sécurité « forestière », de la proximité du domaine skiable de Nax et de son profil doux, malgré ses 1200 mètres de D+. Une fois n’est pas coutume, en ce glacial vendredi de février, nous n’y avons rencontré quasiment aussi peu de randonneurs que de skieurs « mécanisés ». La faute à l’air polaire qui a envahi les Alpes durant la semaine et qui semble y avoir résolument pris ses quartiers. Pas loin des -20° C au pied de la statue sommitale juste au moment ou le pâle soleil du jour se décide à jouer à cache-cache avec un méchant petit biset qui finit de soustraire les derniers degrés « psychologiquement » supportables. Autant dire que le pliage de nos peaux a été légèrement bâclé et nos sandwichs, ramenés en plaine sans avoir passé par la case estomac.