Cela faisait plusieurs sorties déjà que nous avions oublié ce qu’était la sensation de finir secs. Depuis que le marais barométrique règne en maître sur l’Europe et l’arc alpin en particulier, il est en effet devenu bien difficile d’échapper aux orages quasi quotidiens, éclatant généralement dès le milieu d’après-midi, voire parfois, avant la mi-journée. En projetant notre rando dominicale au célèbre pic de la Pierre-à-Voir, nous savions que la durée nécessaire pour la mener à terme nous exposerait une fois encore aux caprices d’une fin de printemps décidément bien humide.

Il faut croire que, pour une fois, les dieux de la météo étaient avec nous, ou plutôt, que leurs sbires chargés de distribuer foudres et orages étaient occupés ailleurs. En effet, c’est certes fourbus et cernés d’averses mais parfaitement secs et « délicieusement » poussiérieux, que nous avons bouclé les six heures qui nous ont mené à travers Riddes, Isérables, la Tsoumaz, le col de la Croix-de-Cœur, le massif de la Pierre-à-Voir, le col du Lein, le col du Tronc, le col des Planches, les Planards et Mayen Moret. Une rando exceptionnelle, dans un cadre souvent grandiose et proposant nombre de « single-tracks », dont certains, mythiques.