A l’heure où les résolutions de 4, 5, voire 7 méga-pixels deviennent courantes dans les numériques compacts de n’importe quel supermarché. A l’heure où les boitiers-réflex grand public de 10 méga-pixels pointent le bout de leur nez, permettant aux amateurs éclairés de sauter le pas du numérique en préservant leur investissement en matière d’objectifs. A l’heure où le tout nouveau capteur Foveon X3 est sur le point de renvoyer dans la préhistoire tous les numériques actuellement disponibles et d’égaler la qualité argentique, mon bon vieux Digital Ixus, première génération, pourrait facilement apparaître comme un instrument dépassé ou anachronique. Et c’est probablement le cas. Pourtant c’est avec grand plaisir que je le glisse régulièrement dans ma poche et qu’il m’accompagne quasiment partout.


Caractéristiques techniques
– Capteur : 2.11 millions de pixels
– Résolution max : 1600 x 1200 pixels
– Objectif : 5.4-10.8 mm (équivalent à 35-70 mm réflex)
– Zoom numérique : 2x / 4x
– Support d’enregistrement : Compact Flash Type 1
– Format d’image : JPEG
– Sensibilité : 100 ISO
– Ecran de visée : TFT couleur 1.5 pouce
– Mise au point, exposition, balance des blancs : TTL
– Vitesse d’oburation : 1 – 1/500 sec
– Flash : intégré et anti-yeux rouges
– Interface : USB + sortie vidéo – Dimensions : 87 x 57 x 27 mm
– Poids : 190 grammes…

A l’usage
Dès le premier contact avec l’Ixus, j’ai tout de suite su que nous étions faits pour nous entendre. Son minuscule boîtier en métal poli, grand comme un paquet de cigarettes, son poids plume et sont objectif rétractable m’ont d’emblée convaincu que c’était le compagnon idéal pour toutes les activités de plein air. Après bientôt 2 ans de crapahutage commun, ses incroyables qualités photographiques ont achevé de me conforter dans mon choix. Il excelle dans les photos de paysage. Fidélité des couleurs, rendu des détails, qualité d’exposition, gestion des contrastes et large angle de prise de vue en font un parfait instrument pour immortaliser les endroits, les panoramas, les atmosphères et les activités d’extérieur. Equipé d’une carte 256 Mb, il est en plus pratiquement insatiable : 220 à 250 photos en haute résolution ne lui font absolument pas peur.
Malheureusement certaines de ses qualités ont aussi leur revers : son objectif parfait pour les paysages se révèle un peu court en focale pour les portraits ou pour isoler un sujet. Il faut également relever quelques difficultés d’exposition en cas de luminosité très contrastée ou encore sa nonchalance à se mettre en route qui vous fera immanquablement râler en cas d’action soudaine et rapide. Mais au rayon des défauts proprement dits, je n’en vois qu’un seul à relever : l’Ixus est très gourmand en énergie et vous n’aurez pas trop de 2 accus pour l’utiliser une journée entière. La meilleure parade à ce point faible passe par une désactivation de l’écran LCD et une utilisation du viseur optique. En fait la gestion de l’énergie est à mon avis, le talon d’Achille de l’Ixus: en plus d’être avide, il est aussi très vite récalcitrant en cas de basses températures. Au-dessous de zéro degré, il fera immanquablement état de son mauvais caractère en refusant tout service.

Bilan
Le meilleur moyen de vous convaincre des qualités de l’Ixus est probablement de vous renvoyer aux photos qui illustrent ce site. Plus de la moitié ont été faites avec ce petit appareil. Je vous laisse juger par vous même.
Evidemment il existe aujourd’hui une offre très riche et diversifiée sur le marché des appareils de photos numériques. Mais la famille Ixus (les V, V2 ou les 300, 330) restent de petits bijoux techniquement très aboutis et parfaitement adaptés à un usage itinérant. En tout cas s’il daigne encore m’accompagner encore quelques années dans mes vagabondages, je ne suis pas prêt de remplacer mon fidèle Ixus première génération malgré son écran éraflé ou son boîtier cabossé et rayé.