De la route internationale, dans la vallée du Grand-St-Bernard, c’est sa silhouette en forme de pyramide parfaite qui attire le regard du voyageur. Sur la carte topo, papier ou « on-line », c’est son chemin de l’arête sud-ouest et son incroyable machine à coudre de points « zigzag » qui allèche l’œil gourmand du « biker ». Deux caractéristiques qu’à priori ne rien ne semble réunir, sauf quand l’automobiliste est aussi vttiste, mais aussi deux noms, pour un seul sommet. Le Mont Saron, également appelé Mont Champ Rion, surplombe le vaste coteau d’Allein du haut de ses 2’681 mètres, comme un phare protecteur veillerai sur sa baie de forêts et de pâtures.
Voilà pour le bref topo « pouet & tic ».

Côté chiffres, maintenant, le Mont Saron c’est 1500 mètres de dénivelé, dont les 600 derniers en portage. Décider d’y aller poser ses roues demande une petite dose de motivation, mais surtout une âme de sherpa convaincu. D’autant que le cousin germain du « zigzag », accroché à l’arête voisine, via laquelle l’ascension finale se fait, est un raidard de la pire espèce. Abrupt, caillouteux voire carrément rocheux, il a fait du découragement de marcheurs sa raison d’exister. Et sans l’attrait irraisonné de son fumeux compère, il aurait bien peu de chances de voir un seul « biker » venir martyriser ses mollets et blesser ses épaules sur son étroit ruban de pierre et de poussière.

Mais voilà, en fin de compte, là où tout va par deux, même les chemins ont un destin commun.