S’il y a bien une traversée à faire, dans le petit massif des Aiguilles Rouges, au-dessus de Chamonix, c’est celle qui relie le col des Aiguilles Crochues au col de Bérard. D’abord en raison de son formidable rapport D+/D- (500/1500 mètres), en démarrant avec les remontées mécaniques du domaine de la Flégère. Ensuite, pour les époustouflants panoramas proposés, sur le célèbre massif du Mont-Blanc, évidemment, mais aussi sur son échevelé voisin d’en face, celui des Aiguilles Rouges. Et enfin, pour l’incroyable potentiel de ski que recèle la « magnifaïk » et interminable plongée à partir du Col de Bérard jusqu’au village du Buet.

En optant pour un itinéraire en boucle, on savait que les conditions de neige seraient forcément disparates, variations des expositions et des altitudes oblige. Du décroûté, ou en phase de l’être, dans la vertigineuse ascension des Crochues. Du verglacé comme jamais au sommet de la vaste Combe de la Balme. Du sel de différente taille et de différente cohésion, dans la longue traversée à flanc sous l’Aiguille du Belvédère. Du redurci, et bien décidé à le rester, pour la ré-ascension de l’Envers Bérard. Et, finalement un joyeux cocktail printanier, mixant un zeste de poudreuse sommitale, une grosse dose de moquette médiane et quelques (kilo)grammes de mi-molle, voire carrément molle terminale, dans « LA » Combe qu’il faut skier au moins une fois dans une vie de randonneur, celle de Bérard.