Carnaval s’étant finalement souvenu qu’il a été inventé pour marquer le dernier haut fait du calendrier hivernal, (chasse du bonhomme hiver/crémation du Böögg), il a cru bon en remettre une (très grosse) couche. Excellente idée, mais peut-être un « poil » exagérée car cette couche est finalement si énorme que nous en sommes aussitôt réduit à choisir nos itinéraires en fonction de leur degré de sécurité. C’est vraiment le comble après le non hiver que nous vivons (plus ou moins mal) depuis novembre. Quatre mois à déplorer un flagrant déficit de précipitations pour en arriver directement à une situation avalancheuse critique. Décidément, il faudrait que le responsable des vannes célestes choisisse de changer de métier ou alors qu’il se décide à mettre un « chouïa » de doigté dans ses réglages.

Motivés pour profiter de ces conditions enfin hivernales mais pas suffisamment pour aller braver un degré 4 tout juste rétrogradé, nous avons choisi de nous cantonner sous les 2’500 mètres, sur un adret bien exposé avec sa neige déjà transformée et sutout « serrée » par une première nuit enfin froide. Fava, Gitzitotz, Schafberg, Niwen, si les sommets de la rive droite répondant à ces critères étaient aussi nombreux que connus, c’est finalement le « niedlichi » Horlini qui a su tiré son épingle du jeu, avec gros kilomètre de D+, son large versant orienté ouest et ses déclivités ne dépassant jamais les 30° « fatidiques ».
Résultat : à nouveau une bonne pioche !
De encore poudreuse à molle jusqu’à mi-mollets, en passant par légèrement revenue, décroûtée à point, puis humide et douce, nous avons goûté à toutes les saveurs des neiges de saison. Un pur régal à déguster sans modération en attendant de pouvoir monter d’un étage pour voir à quoi ressemble (enfin) l’hiver, le vrai.