Mi-novembre sur les crêtes jurassiennes, période usuellement peu bénie des dieux vététistes et plus propice aux premières pantouflées devant un bon feu de cheminée, un verre de Talisker bien callé au creux de la main. Mais l’automne 05 est à l’image de ce que Dame Nature nous a gratifiés tout au long de la saison : une météo capricieuse et imprévisible réservant quelques bonnes surprises. Alors que les stations valaisannes se lamentent déjà sur les températures trop élevées, l’impossibilité de mettre en œuvre les aberrants canons à neige et le manque à gagner pharamineux qui s’ensuivra, les vrais puristes prêts à crapahuter leurs montagnes favorites font peu de cas de la saison et profitent de chaque opportunité pour prolonger leur plaisir.


En ces lendemains de Saint-Martin, cette si jurassienne sublimation de la gastronomie cochonesque, les oracles météorologiques annonce une très nette détérioration du temps dès le milieu de semaine. Il n’en faut pas plus pour que le brouillard en plaine et l’azur en montagne me poussent à remplacer mon après-midi bureautique par une belle sortie d’arrière-automne sur les chaînes jurassiennes. Quelle jouissance de pouvoir contempler le plateau suisse noyé sous le stratus alors que là haut l’air est frais sans être froid, que les couleurs sont sublimées par la lumière rasante et que la brume voile le fond des vallons d’un fin duvet ouaté. La Montagne de Granges (Grenchenberg outre-Aare) et la chaîne de Montoz, à deux pas de Bienne, vont permettre une fois de plus de satisfaire mes goûts automnaux au cours d’une sortie toute en sensations visuelles, olfactives et auditives.