L’excellente forme acquise depuis notre traversée du Jura m’a incité à attaquer un petit col de la chaîne jurassienne quasi inconnu du vététiste moyen, mais dont les connaisseurs parle avec un profond respect et les yeux brillants. Il s’agit de la montée au Balmberg à partir de Welschenrohr, dans le canton de Soleure.

Cet excellent site en donne la courbe prometteuse, et le considère même comme le col carrossable le plus raide de Suisse !!! Il n’en fallait pas plus pour allécher mes mollets de grimpeur.


Dimanche matin de Pentecôte départ de Plagne pour une rando d’approche de 22km et déjà +770m d’élévation, histoire d’être bien chaud avant l’attaque de ce qui semble être un beau morceau. Un dernier arrêt sur le pont du ruisseau qui arrose le petit village de Welschenrohr (voir la carte en annexe), un Balisto vite envoyé et c’est parti pour ce qui va rapidement devenir un monument à escalader. La pente s’accentue fortement dès la traversée des champs avant l’arrivée vers une grande ferme à l’orée de la forêt. Et là c’est le choc : la route que j’imaginais tourner à droite ou à gauche monte tout droit sous les arbres ! La pente s’accentue toujours au fils des contours : 13%, 16% puis 20%, sans répit, avec des intérieurs de virages encore plus raides. Les rares voitures qui me dépasse auraient de la peine à repartir en 1ère, d’ailleurs le col n’est pas recommandé à la circulation motorisée de ce côté-ci du col. Petit plateau/grand pignon et c’est terriblement pénible, il faut vraiment serrer les dents et penser au pot à l’arrivée de l’étape.

Après 398m d’élévation sur 2’900m de route j’atteins enfin le col, sans un poils de sec, le cadre de mon Cannondale complètement aspergé de sueur ! Un panneau indicateur routier annonce une pente de 25%… Une giclée de Camelbak dans le gosier et déjà ça repart pour une nouvelle ascension de +200m pour arriver à un autre col, le Weissenstein, mieux connu en Romandie. J’ai les yeux fous, les nombreux promeneurs doivent me prendre pour un dingue, mes mon plaisir est à l’image ce que je viens de vivre : intense et ému. Ce n’est pas tous les jours qu’on escalade le col le plus raide de Suisse !

Il me reste encore une trentaine de kilomètres à crapahuter sur les crêtes et dans les pâturages avant de rejoindre mon domicile, le litre de panachée de rigueur et la grillade qui m’attend au jardin. Au final une superbe sortie, un effort considérable et un plaisir immense que je vous incite à découvrir au plus tôt.

La courbe de la grimpée