
Où aller crapahuter lors d’une brève embellie entre deux perturbations alors que les spécialistes ( Meteorisk et SLF ) annoncent une situation avalancheuse critique, degré 4 sur l’Ouest du Valais et degré 3 à toutes les orientations, dans le reste du Vieux-Pays ?
- Entre le canapé et la TV ?
- Ouaip, ce serait probablement le choix le plus raisonnable, mais après deux semaines de Jeux Olympiques, le mauvais temps permanent de Vancouver agrémenté des commentaires avinés, pardon avisés, des journalistes de la TSR, commencent à friser l'overdose médiatique, même pour le plus fervent des amateurs de sport par procuration.
- A proximité d’un domaine skiable ?
- Pourquoi pas, mai avec des pistes saturées de touristes, l’idée est peu intéressante, voire même carrément risquée, à en juger par les compétences techniques de certains skieurs à la petite semaine.
- En forêt ?
- Oui, mais non. Les risques d'avalanche n'y sont pas forcément plus limités et les possibilités de profiter de l'incroyable couche de peuf dont le ciel nous a, une fois encore, généreusement gratifié, incontestablement plus réduites.
- Bon, mais où alors ?
6 ans après avoir découvert la sympathique famille « Ill » - Illgraben, Illhorn, Illpass, Illalp, Illsee - nous avons décidé de retourner lui rendre une petite visite de courtoisie pour faire la connaissance du petit dernier, Illbach, que nous n’avions pas encore eu la chance de rencontrer. Illbach est un sympathique petit torrent alpin aimant les apics et les gorges. Il prend naissance au pied du mur que son frère Illsee a fait installer pour augmenter le volume d’eau qu’il peut retenir, et son principal intérêt, dans la vie, est d’aller se jeter le plus rapidement possible, dans les bras de son oncle, le tapageur et irascible Illgraben, 1’500 mètres plus bas. Pour être francs, il faut avouer que se ne sont pas les charmes d'Illbach lui-même qui nous ont incité à rendre une nouvelle visite VTT à la famille « Ill », mais évidemment, les prometteurs attraits de son single-track parallèle.
Une vallée plus loin que la frontière linguistique valaisanne et une vallée plus loin que l'extrémité orientale du Grand Raid Cristalp, mais une vallée moins loin que la célébrissime station touristique de Zermatt, engoncé entre certains 4000 les plus notoires du Valais, Weisshorn Bishorn, Zinalrothorn, il y a le Turtmanntal. Inaccessible du 31 octobre au 1er juin l'étroit vallon de la rive gauche est réputé pour sa beauté sauvage.
De la plaine du Rhône, on y accède généralement à partir du village de Turtmann, via les bourgades de Unter- et Oberems. L'étroite route s'y élève en lacet sur le versant puis s'insinue dans la profonde vallée pour laisser le voyageur découvrir les hameaux d'estive de Tschafil, Pletschu, Rotigu, Simmigu, Gruben, Meiden et finalement au petit barrage sommital sur la Turtmänna.
Depuis le temps qu’il(s) nous toisai(en)t du haut des abrupts versants du Bois de Finge, ça devait bien finir par arriver. Bien organisés, motivés et entraînés, nous avons décidés d’aller voir de plus près à quoi il(s) ressemblai(en)t.
« Ils » se sont justement tous les « Ill » qui occupent le haut des flancs Sud de la Vallée du Rhône, entre le Val d’Anniviers et le Turtmanntal. Un peu dans le désordre, nous avons fait connaissance avec pratiquement toute la famille : l’Illgraben, minuscule torrent alpin qui se transforme à chaque orage en redoutable dévoreur de montagne, entraînant tout sur son passage, l’Illhorn, majestueuse sentinelle rocheuse dominant Chandolin, le Pas de l’Illsee et l’Illpass, cols jumeaux permettant de franchir l’arête Est du Val d’Anniviers, les Illalp (Ober, Mittel et Unter), superbes alpages suspendus entres falaises et apiques et surtout le fameux Illsee, ses eaux bleues et son magnifique amphitéâtre naturel.